Palooka Town’s incident

L’évènement dramatique à caractère potentiellement surnaturel survenu dans la ville de Palooka, Comté de Nye (Nevada) le 22 avril 1963 constitue selon toute vraisemblance la première occurrence dans l’histoire récente d’une apparition de cadavres animés, agressifs et cannibales qui sous l’influence de la culture populaire américaine est habituellement qualifiée d’invasion zombie.

Cet « incident », pour reprendre la terminologie officielle, a été étonnement peu commenté par les contemporains, y compris dans les milieux les plus sensibles à ce genre d’affaires : l’extraordinaire nouveauté de l’évènement (du moins pour l’époque), associé à son caractère particulièrement invraisemblable semblent avoir découragé les groupes dits « conspirationnistes », restreints mais déjà actifs au début des années 1960, alors qu’ils s’intéressaient de près à d’autres « incidents » cachés au grand public, il est vrai mieux documentés et autrement plus crédibles, tels que par exemple l’affaire Roswell.

On a longtemps cru en effet que la seule source d’information sur cette affaire était un habitant de Gabbs, Meredith Tropp, qui racontait une étrange et terrifiante histoire de cadavres surgis du sol pour dévorer les vivants dont il avait été témoin dans sa jeunesse alors qu’il vendait des Bibles à travers l’Etat du Nevada. Le fait que les zombies y étaient parfois remplacés par des extra-terrestres, que la localisation des lieux était floue et sujette à variations, et qu’il racontait cette histoire au Caesars Palace (Las Vegas), dont pour une raison mal éclaircie il accusait la direction d’être à l’origine des évènements, rendaient son témoignage particulièrement sujet à caution. Toutefois, les propos de Tropp, dont la trace a été perdue en 1987, après qu’il eut été déclaré persona non grata dans l’ensemble des casinos de Las Vegas, ont été (pour partie) corroborés par un document émanant de la CIA exhumé en juillet 2017.

Cette transcription d’une conversation téléphonique entre un agent du FBI (William O’Rourke) et le sous-directeur adjoint (Deputy Assistant Director) John Allan Bolden a fait surface dans des circonstances quelque peu nébuleuses, puisqu’elle n’a jamais été officiellement déclassifiée. Il semblerait que ce soit le président des Etats-Unis Donald John Trump qui ait émis le souhait de consulter ce document, et qu’il l’ait ensuite oublié sur le fauteuil d’un salon de la Maison Blanche, où il aurait été récupéré par un ou plusieurs individus non-identifiés. À la suite d’un nombre indéfini de transactions, une copie numérisée de celui-ci a été mise en ligne sur « novaya-pravda », un organe de presse russe inconnu jusqu’alors qui se présentait sur la page d’accueil de son site comme un « media alternatif et indépendant ».

Après quelques jours, la page sur laquelle était hébergé le document a disparu, de même du reste que l’ensemble du site de la « novaya-pravda ». Il est resté toutefois suffisamment longtemps accessible pour attirer l’attention d’un groupe d’activistes américain apparemment affilié à « l’alternative right » qui l’a diffusé à son sur le « dark web » où il a été repéré par un membre du forum internet 4chan qui en a fait mention dans la rubrique « politically incorrect » de ce site. Devant les réactions d’incrédulité suscitées par son message, qualifié de « fake news » par une communauté hilare, il y a publié ensuite une copie numérisée du document au format PDF.

La transcription débute au moment où l’agent O’Rourke parvient à joindre le sous-directeur Bolden. Celui-ci s’adresse parfois, en aparté, à un certain Bob, qui à l’évidence était physiquement présent dans son bureau. Ces apartés sont notées ici entre parenthèses.

Le document a été traduit de l’Anglais (Etats-Unis) par nos soins. Aussi prions-nous le lecteur de bien vouloir excuser par avance les maladresses éventuelles du texte reproduit ci-dessous.

Début de la transcription de l’enregistrement :

O’ROURKE : Dieu merci, Monsieur, je réussis enfin à vous joindre. C’est terrible ce qui se passe ici  Terrible ! Je n’ai jamais vu ça ! Personne n’a jamais vu ça ! Il faut envoyer du renfort, vite ! C’est une urg…

BOLDEN : Du calme, agent… agent…

O’ROURKE : O’Rourke Monsieur. Excusez-moi Monsieur.

BOLDEN : Bonjour agent O’Rourke.

O’ROURKE : Bonjour Monsieur.

BOLDEN  : Voilà. L’impolitesse est mère du désordre, O’Rourke, retenez ça.

O’ROURKE : Oui Monsieur.

BOLDEN  : Vous disiez donc ?

O’ROURKE : Je suis à Palooka, Monsieur, et il se passe des choses affreuses ici. Affreuses. C’est pire que l’enfer, il…

BOLDEN  : Évitez de blasphémer, fiston.

O’ROURKE : Pardon, Monsieur. Je veux dire, il ne peut rien exister de pire que…

BOLDEN  : Vous avez fait la Corée O’Rourke ?

O’ROURKE : Non Monsieur.

BOLDEN  : Alors ne dites pas de bêtises. Il ne peut rien exister de pire que la Corée.

O’ROURKE : Oui Monsieur.

BOLDEN : Donc il se passe des choses bizarres à Caloompa (C’est où ça, Bob ?)

O’ROURKE : Palooka, Monsieur, Comté de Nye.

BOLDEN  : Ah, oui, ça me dit quelque chose.

O’ROURKE : C’est à un peu plus de soixante-dix miles de Tonopah.

BOLDEN  : Tono quoi ?

O’ROURKE : Tonopah, Monsieur. Le siège du comté de Nye.

BOLDEN  : Dites-moi agent O’Rourke, est-ce que vous ne foutriez pas de ma gueule par hasard ?

O’ROURKE : Pardon, Monsieur ?

BOLDEN  C’est Tucumcari le siège de ce foutu comté.

O’ROURKE : Je parlais du comté de Nye, Monsieur, dans le Nevada ; Tumcari c’est le comté de Quay.

BOLDEN  : Ah, oui, c’est vrai. Mon erreur. Dites donc, vous êtes foutrement calé en géographie, agent O’Rourke.

O’ROURKE : Merci, Monsieur. Comme je disais, Monsieur, on a besoin de renforts ici. Il se passe des choses ici…

BOLDEN  : Quelles choses ? Venez-en au fait, agent O’Rourke.

O’ROURKE : Oui, Monsieur, j’y viens. Il y a que depuis ce matin…

BOLDEN  : Dites-moi, O’Rourke, O’Rourke, c’est un nom irlandais, non ?

O’ROURKE : Oui, Monsieur. Pourquoi, Monsieur ?

BOLDEN  : Non, comme ça, pour rien (dis-moi, Bob, on recrute des Irlandais maintenant au Bureau ?) Excusez-moi, O’Rourke, je n’ai pas bien entendu votre dernière phrase.

O’ROURKE : Un rassemblement, Monsieur. Il faut envoyer des renforts.

BOLDEN  : Un rassemblement de quoi ?

O’ROURKE : Je ne sais pas trop, Monsieur. Des gens… Enfin, ce ne sont pas vraiment des gens… Mais je ne sais pas trop comment les décrire.

BOLDEN  : N’en dites pas plus, fiston, j’ai compris (Bob, on passe en alerte niveau 3). Décidément, c’est une épidémie !

O’ROURKE : Parce que… Vous voulez dire… ça arrive aussi ailleurs ?

BOLDEN  : Mais O’Rourke, bon sang, d’où sortez-vous ? Bien sûr qu’il y en a d’autres : pas plus tard que la semaine dernière, à Birmingham. Une épidémie je vous dis.

O’ROURKE : Non, Monsieur, ce n’est pas ce que je voulais dire.

BOLDEN  : Mais je vous le dis, moi : une vraie épidémie ! On leur a accordé le droit de vote, qu’est-ce qu’ils veulent de plus ! Je vais vous dire, O’Rourke, on est trop gentils avec tous ces…

O’ROURKE : Excusez-moi, Monsieur, je voulais dire que ce ne sont pas des Noirs. Enfin, pas seulement.

BOLDEN  : Pas seulement ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Il y a des Blancs avec eux ?

O’ROURKE : Euh… Il semble y avoir un peu de tout. Excusez-moi, Monsieur, mais pour les renforts…

BOLDEN  : Des Jaunes aussi ? (Bon Dieu, Bob, on passe en alerte 4 !) D’autres indices le confirment ?

O’ROURKE : Confirment quoi, Monsieur ?

BOLDEN  : Fiston, crois-moi, les couleurs, ça me connait : quand on mélange du Blanc, du Noir et du Jaune, au bout du compte, ça donne du Rouge.

O’ROURKE : Des communistes, Monsieur ?

BOLDEN  : Tu l’as, fiston.

O’ROURKE : Sincèrement, Monsieur, je ne crois pas. Ils sont vêtus de haillons, ils titubent et…

BOLDEN  : Et alors ? Vous êtes en train de me dire qu’on ne peut pas être clochard, ivrogne et communiste ? Bon sang O’Rourke, vous jouez à quel jeu, là ! (Bob, trouve-moi le dossier de ce O’Rourke)

O’ROURKE : Non, Monsieur, je voulais dire Monsieur que… Oh mon Dieu ! Il y a cette femme noire qui… Non, pas par là ! N’allez pas par là ! Vite, des renforts, je vous en supplie ! Ce qu’ils lui font c’est…

BOLDEN  : Noire ? Vous avez dit Noire ? (Bob, on repasse en alerte 3) Qu’est-ce qui se passe, fiston ?

O’ROURKE : Ils… Jésus-Marie Joseph ! Ils la… c’est affreux !

BOLDEN  : Je comprends, fiston, je viens du Sud. Ce genre de trucs, je connais. C’est pas beau à voir, je sais. Mais des fois, il faut bien dire qu’ils l’ont cher… (Quoi ! J’exagère ? On voit que tu les connais pas, Bob. Si je te racontais ce… Ok. On verra ça plus tard.) Mais dites-moi O’Rourke, je vous entends jurer, là, vous êtes catholique n’est-ce pas ?

O’ROURKE : Oui, Monsieur, je… Oh Seigneur, je ne peux pas regarder ça !

BOLDEN  : Personne ne vous oblige à regarder ça, fiston (quelles lopettes quand même, ces putains Irlandais !)

O’ROURKE : C’est horrible, Monsieur ! Vivement l’arrivée des renforts, Monsieur.

BOLDEN  : (Merde, les renforts ! J’avais oublié. Bob, on a des hommes dans le coin ? Bon, tant pis, il va falloir qu’il se démerde.) O’Rourke, vous m’entendez ?

O’ROURKE : Oui, Monsieur.

BOLDEN  : Vous m’appelez d’où, déjà ?

O’ROURKE : De Palooka, Nevada, Monsieur. Monsieur ?

BOLDEN  : Oui fiston ?

O’ROURKE : Les renforts ? Vous n’en avez pas envoyé, n’est-ce pas ?

BOLDEN  : Désolé, fiston, mais tous les agents du Bureau sont occupés. Merci à votre copain le pasteur Luther King.

O’ROURKE : Ce n’est pas mon copain, Monsieur.

BOLDEN  : Oui, c’est vrai, vous êtes catholique. Justement, O’Rourke, je me demandais, votre chef c’est bien le Pape, non ?

O’ROURKE : Oui, Monsieur. Avec tout votre respect, Monsieur, je ne suis pas sûr que ce soit le moment de…

BOLDEN  : Ne m’interrompez pas, O’Rourke. Ce n’est pas parce que vous êtes irlandais que vous devez oublier le respect de la hiérarchie.

O’ROURKE : Pardon, Monsieur ?

BOLDEN  : Vous m’avez entendu, O’Rourke. Ne faites pas l’imbécile. Et répondez à ma question : si le Pape vous ordonnait d’attaquer les USA, que feriez-vous ?

O’ROURKE : Mais…

BOLDEN  : Vous ne voulez pas répondre ?

O’ROURKE : Je…

BOLDEN  : O’Rourke ?

O’ROURKE : Je… défendrais ma patrie, Monsieur.

BOLDEN  : Bonne réponse, fiston ! Bon, on en est où à Cooloombra ?

O’ROURKE : Palooka, Monsieur.

BOLDEN  : Ah oui, c’est vrai, Palooka. Alors ? Que se passe-t-il maintenant ?

O’ROURKE : Je ne sais pas, Monsieur, je les ai perdus de vue pendant notre conversation. Je ne sais pas où ils sont. Ils ne reste plus qu’une mare de sang sur le trottoir.

BOLDEN  : Fiston, on voit que vous n’avez pas fait la Corée, parce que là-bas, un instant d’inattention et…

O’ROURKE : Oh mon Dieu ils arrivent ! Je dois partir avant…

BOLDEN  : Avant quoi ? O’Rourke ? O’Rourke ? Vous m’entendez O’Rourke ? Restez en ligne O’… Il a raccroché. Tu entends ça, Bob, ce fumier m’a raccroché au nez ! Bon, il faudrait peut-être aller voir quand même ce qui se passe. Bob, tu es sûr qu’on a personne ? … Salmani ? Qui c’est celui-là ? Un rital ? De mieux en mieux ! … Non, laisse tomber. Ils ont bien une police dans cette satanée Coocoomba, non ? … L’armée ? Pourquoi faire, l’armée ?

Fin de la transcription de l’enregistrement.

En dépit de nos investigations, il ne nous a pas été possible de retrouver la trace de l’agent O’Rourke. John A. Bolden a poursuivi sa carrière au FBI jusqu’à son départ à la retraite en 1976. Il a été honoré en 1974 de la « médaille du FBI pour réalisation méritoire » (« FBI Medal for Meritorious Achievement ») en reconnaissance du rôle qu’il avait joué dans l’opération de surveillance des organisations politiques de gauche américaines baptisée « Cointelpro ». Nous ne sommes parvenus à obtenir aucune information sur l’identité de Bob, non plus que sur la façon dont le FBI a fini par traiter cette affaire. Sachant qu’aucune nouvelle invasion de morts-vivants n’a depuis lors été documentée dans le comté de Nye, et que par ailleurs aucune ville du nom de Palooka n’apparait plus dans les registres du Bureau du Recensement des Etats-Unis (USCB), on peut supposer que Bob est finalement parvenu à convaincre le sous-directeur Bolden qu’il fallait agir.

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