Les Aventures du chevalier Ripolain de Ruaudain III, 4

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IV.

Goguenar et Ripolain reprirent leur route. Ils traversèrent la rivière sur le petit pont et cheminèrent quelque temps en devisant agréablement. Goguenar pressait Ripolain de venir avec lui jusqu’au royaume de Logres, pour ce qu’il sentait bien que son compagnon n’était guère convaincu qu’il lui fallût se rendre en si lointaine contrée pour accomplir sa quête car s’il y avait acquiescé comme le conte l’a rapporté plus haut ce n’avait été que de la bouche et non du cœur.

‒ Il me faut d’abord explorer la forêt de Pompont, expliquait Ripolain, et bien sans doute y resterai-je longtemps car c’est forêt grande et profonde. Assurément le Dahu peut y être terré quelque part. Mais si ne le trouve, alors je poursuivrai ma route jusqu’en royaume de Logres ainsi que vous l’ai dit tantôt.

‒ Vous ferez comme bon vous semble, messire Ripolain, conclut Goguenar. Mais sachez que j’aimerais vous savoir à Logres un de ces prochains jours car j’ai pu admirer vos grandes vertus chevaleresques, non pas seulement de courtoisie car vous n’en manquez guère et votre compagnie est plaisante et agréable, mais également de combattant car par ma foi vous avez bien proprement jeté le cul par terre ce chevalier qui vous défiait. Assurément messire Bolos s’est mépris sur votre compte et bien infondé fut son jugement à votre égard. M’est avis que vous ne dépareilleriez pas autour de la Table Ronde.

‒ Je vous remercie, messire Goguenar, de toute la courtoisie que vous me témoignez. Elle montre à suffisance qu’en cette matière vous n’avez rien à envoyer ni à moi ni à personne.

Goguenar à son tour remercia Ripolain, y ajoutant d’autres compliments. Ripolain lui en rendit grâce avant que de lui envoyer de nouveaux éloges. Ils continuèrent ainsi un long moment, ce pourquoi le conte a dit qu’ils devisaient agréablement car il n’est rien de plus plaisant que d’échanger flatteries et gentillesses tout pendant que l’on chemine au trot de son cheval.

Ainsi se congratulèrent-ils l’un l’autre mutuellement jusqu’à ce qu’ils parvinssent à un carrefour. Un chemin partait à droite et l’autre se prolongeait à gauche.

‒ Le moment est venu de nous quitter pour un temps, remarqua Goguenar, car nous voici arrivés à une croisée de chemins. Nous nous retrouverons quand l’aventure nous réunira, si Dieu le veut. Messire Ripolain, quel chemin voulez-vous emprunter ? Choisissez celui qui vous sied le mieux. Quant à moi je prendrai l’autre.

‒ Je choisis celui de gauche, si cela vous agrée, répondit Ripolain.

‒ Alors m’en vais prendre celui de droite, répliqua Goguenar non sans logique. Adieu, messire Ripolain de Ruaudain.

‒ Dieu vous garde, messire Goguenar le Hardi, plaisant chevalier et bon compagnon.

Ils se séparèrent là et le conte cesse pour un moment de suivre de Ripolain. Il y reviendra vite mais avant cela il doit raconter ce qui advint à Goguenar.

(à suivre par ici)

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